Lundi 16 janvier 2006
C'est ce matin, sur KGS, que j'ai vécu un plaisir rare...J'attendais un adversaire, n'importe lequel, j'étais prêt à accepter n'importe qui, quand est venu quelqu'un dont je tairai le nom, qui avait besoin de 3 pierres de handicap, chose due...
Mon début de partie fut minable, j'ai perdu mes premiers groupes dès le début, j'étais bon pour abandonner... Seulement voilà : Mon adversaire était désagréable, et se foutait ouvertement de moi, et on n'a pas envie de donner le plaisir de l'abandon à ces gens là... Il était arrogant, provocateur, sûr de lui au possible, tout ça... Alors j'ai continué la partie, que je savais perdue d'avance, uniquement dans le but de faire perdre son temps à l'adversaire, en lui tenant une conversation sans queue ni tête, à laquelle le mieux est de ne pas répondre, chose impossible pour les grandes gueules dont faisait partie mon adversaire... Une heure s'écoula donc, où je jouais tranquillement, cherchant à enlever le plus possible de sens à notre conversation... Lui comme moi pensait que noir (lui) menait de 40 points, c'était vrai en milieu de partie, autant dit que je n'avais théoriquement vraiment plus aucune chance...
Le fait est qu'en fin de partie, nous passons tous les deux, et ô surprise, je gagne de 20 points... (かった !!!)
Un silence, puis "Merci pour la partie". Un sourire me vînt aux lèvres, j'imaginais s'effondrer tout l'égo démesuré de ce barbare sans manières qui était convaincu de sa victoire jusqu'à la dernière pierre posée sur le goban dont il ne voyait pas la globalité. J'imaginais la frustration qu'il ressentait, j'imaginais la mauvaise humeur qui allait habiter le reste de sa journée, j'imaginais ce qu'il pouvait ressentir par rapport à son comportement du début de partie...
Les sentiments que j'ai ressenti à ce moment là n'étaient sûrement pas digne de l'esprit d'un joueur de go exemplaire, mais il est dur de ne pas jubiler lorsqu'on vient de donner une leçon exemplaire avec force à quelqu'un qui ne méritait que ça ! C'est un peu comme donner une immense gifle à un sale gosse qui emmerde son monde en sachant très bien ce qu'il fait et ce qu'il risque : ça fait un bien fou !
J'étais étonné de ma performance, aussi, parce que vous qui ne jouez pas pour la plupart au go, ne réalisez pas l'exploit dont ça relève. J'étais content de ma partie, de l'effort que j'avais fourni pour l'humilier, loin d'être sain comme motivation, mais c'était exceptionnel, dans tous les sens du terme...
La morale de l'histoire est un proverbe célèbre applicable aussi bien au Go qu'ailleurs dans la vie : "Croire une partie gagnée est le meilleur moyen de la perdre."
Amen.
Photos :
1- Une partie de Go jouée contre Hirakawade à Ichigawa (Tokyo), à la Nihon-Kiin.
2- Aperçu du parc de Ueno (Tokyo) dans lequel nous nous sommes promener après un délicieux repas, et dans lequel nous nous sommes dis au revoir. ^.^








No comment ?